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Analyse : la visite de Nuñez à Alger, signe d’un dialogue sécuritaire pragmatique

La visite de deux jours du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez à Alger, débutée le 16 février 2026, s’inscrit dans une volonté discrète mais tangible d’apaisement des relations bilatérales.

Par Brahim MADACI

Accueilli par son homologue Saïd Sayoud dans une atmosphère cordiale dès l’aéroport Houari-Boumediene, ce déplacement privilégie une approche technique et graduelle, loin des gesticulations diplomatiques passées. Au cœur des échanges : une coopération renforcée sur le narcotrafic transsaharien, la lutte antiterroriste au Sahel et une gestion migratoire équilibrée, centrée sur les retours volontaires.
Ce tête-à-tête intervient dans un contexte favorable, après la récente venue de Ségolène Royal et des avancées sur des contentieux comme l’affaire Christophe Gleize. L’agenda allégé – sans entretien immédiat au sommet – révèle une stratégie d’édification de la confiance par paliers, évitant les surenchères symboliques. Nuñez incarne ici un choix tactique : un profil sécuritaire, discret et opérationnel, porteur d’une continuité institutionnelle plutôt que de surlignage politique.
L’exercice revêt une dimension stratégique au Sahel, où Alger consolide son rôle pivot entre acteurs sahéliens et partenaires européens. Niamey recevait Tiani dans les mêmes heures, scellant un axe Algérie-Niger ; Nuñez complète ce ballet en repositionnant Paris comme interlocuteur privilégié sur des priorités non négociables : stabilité des frontières, flux illicites, terrorisme. Cette concomitance n’est pas anodine : Alger démontre sa capacité à articuler souveraineté et multilatéralisme apaisé.
Reste à mesurer la suite. Une commission mixte sécuritaire post-Ramadan pourrait cristalliser ces avancées, transformant gestes techniques en partenariat durable. Ce passage de Nuñez, loin des micros, privilégie l’essentiel : un rééquilibrage pragmatique où la sécurité partagée l’emporte sur les mémoires vives, redessinant patiemment les équilibres maghrébins.

Par Brahim MADACI

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