Chine-Afrique : Pékin ouvre son marché à 53 pays du continent

Dès le 1er mai 2026, la Chine supprimera les droits de douane sur les importations en provenance de 53 nations africaines – tous les pays avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques, à l’exception unique de l’Eswatini, dernier État continental fidèle à Taïwan.
Par A. Zehani
Annoncée par Xi Jinping lors du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, cette mesure marque un saut qualitatif dans le partenariat sino-africain. Pékin, premier partenaire commercial du continent, généralise à ses 53 alliés un traitement tarifaire zéro jusqu’ici réservé à 33 pays, avec un guichet douanier accéléré dédié aux produits africains.
Enjeux économiques et géopolitiques
Minerais, produits agricoles, biens manufacturés naissants : tous gagnent un accès privilégié au marché chinois de 1,4 milliard de consommateurs. L’Algérie prépare gaz, phosphates et dattes ; le Nigeria son pétrole ; l’Afrique du Sud ses métaux précieux ; le Maroc ses phosphates. Cette ouverture coïncide avec la diversification commerciale africaine post-sahelienne et devrait catalyser la ZLECAF en stimulant les chaînes de valeur locales. Pékin sécurise ainsi ses approvisionnements critiques – cuivre zambien, cobalt congolais, gaz maghrébin – tout en favorisant une industrialisation naissante au Sud.
L’exclusion de l’Eswatini réaffirme la ligne rouge chinoise sur Taïwan, positionnant l’Afrique comme contrepoids stratégique face aux tensions sino-américaines et aux tarifs protectionnistes américains. Négociations bilatérales à venir pour harmoniser logistique et normes : ce partenariat massif redessine les équilibres commerciaux mondiaux autour d’une coopération Sud-Sud pragmatique et durable.
Par A. Zehani





