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Niger – Uranium : Orano tend la main aux militaires au pouvoir

Écarté de ses mines au Niger, le groupe français Orano, pilier du combustible nucléaire et largement contrôlé par l’État français, refuse de claquer la porte. Exproprié de ses opérations, il appelle aujourd’hui à une « solution négociée » et veut « amorcer un dialogue » avec les militaires au pouvoir à Niamey.

Depuis le coup d’État de 2023, l’uranium nigérien cristallise les tensions entre le général Abdourahamane Tiani et Paris. La nationalisation forcée en juin de la Somaïr, sa filiale historique, a achevé de transformer un partenariat minier en guerre ouverte. Orano a riposté par plusieurs arbitrages internationaux pour défendre ses droits sur les gisements et les stocks déjà produits.

Son directeur général, Nicolas Maes, martèle pourtant la primauté du dialogue. « La meilleure solution pour le Niger, pour nous, pour les mines et les salariés, c’est de s’entendre », résume-t-il. Un retour « dans les mêmes conditions » semble improbable, mais il invite à « se mettre autour d’une table » pour repenser la coopération, notamment via l’expertise technique d’Orano.

Reste la question brûlante des stocks d’uranium. Le général Tiani s’est dit récemment prêt à restituer ce qui se trouvait à la Somaïr au moment du putsch – environ 100 tonnes selon Niamey. Mais tout ce qui a été extrait ensuite « est nigérien et le restera », a-t-il tranché.

Orano revendique ces volumes, évalués à 300 millions d’euros, et dit s’être vu confirmer par au moins un arbitrage son droit de propriété. Le groupe espère encore que la table des négociations prévaudra sur les prétoires.

Par Brahim Madaci

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