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Algérie : l’usine chinoise à 500 millions $ qui forge l’avenir de l’acier

Dans le désert de M’sila, une nouvelle forteresse industrielle émerge. Jingdong Steel, géant sidérurgiste de Chine, concrétise son pari algérien : une usine titanesque à 500 millions de dollars, déjà à 60 % achevée. Sept mois après l’aval de l’Agence nationale de promotion des investissements (AAPI), les grues tournent à plein régime sur 36 hectares de la zone de Draa Lhaja.

Capacité monstre : 500 000 tonnes d’acier par an, entre tôles et tubes, dont la moitié destinée à l’export. Un projet qui promet 1 114 emplois directs dans cette wilaya agricole, bercée par l’élevage ovin. Mieux : 80 % des matières premières viendront localement, et un centre de formation transfère déjà les savoir-faire chinois.

L’AAPI jubile et publie les photos des chantiers pour clouer le bec aux sceptiques. « Plus d’annonces en l’air : voilà la réalité sur le terrain », martèle-t-elle. Ce mastodonte illustre l’offensive chinoise en Algérie, où Pékin mise gros sur l’industrie lourde.

Calendrier de mise en service de l’usine Jingdong Steel

L’usine sidérurgique chinoise à M’sila suit un calendrier phasé, calé sur l’activation de Gara Djebilet.

Phase 1 (tôles d’acier) : Ligne de 200 000 tonnes/an prévue pour une première mise en service en 2026.

Phase 2 (tubes d’acier) : Unité de 300 000 tonnes/an, lancement 2026-2028.

Actuellement à 60 % d’avancement (février 2026), après 8 mois de travaux lancés post-juin 2025, le projet total (500 000 tonnes/an) devrait être opérationnel d’ici fin 2028, avec 50 % de production à l’export dès les premières lignes actives.

l’Algérie active son gisement géant de Gara Djebilet à Tindouf, promettant d’économiser des milliards en importations. Avec Tosyali déjà à Oran, un méga-complexe qatari à Jijel et El Hadjar à Annaba, Alger rêve de dominer la sidérurgie méditerranéenne. Jingdong ? La pièce maîtresse d’une ambition en fusion.

Jingdong Steel s’appuie massivement sur l’amont minier algérien pour alimenter son usine de M’sila, conçue dès l’origine pour fonctionner à 80 % avec des matières premières locales. Le cœur de la stratégie repose sur le minerai de fer (ou ses dérivés concentrés) extrait de Gara Djebilet à Tindouf, transformé sur place en tôles et tubes plutôt qu’exporté brut ou importé. Cette intégration verticale réduit les coûts d’importation, sécurise l’approvisionnement continu et maximise la valeur ajoutée nationale, en phase avec la politique de souveraineté industrielle. Un centre de formation dédié accompagne ce modèle en transférant les compétences chinoises pour une maîtrise locale de la chaîne complète, des matières premières aux produits finis destinés au BTP et à l’export.

Par Brahim Madaci

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