À l’ombre des Accords d’Abraham : le réseau Epstein au Maghreb

Dans les méandres des récents déclassements des dossiers Epstein, une toile inattendue se dessine au Maghreb. Entre prédation sexuelle, magouilles immobilières et appétits financiers voraces, Jeffrey Epstein y tissait ses fils dès les années 2000, préfigurant les canaux occultes des Accords d’Abraham. Focus sur quatre pays, la Libye en tête de proue.
Le Maroc, sanctuaire royal et culturel
Le Maroc s’impose comme le bastion maghrébin d’Epstein. Dès 2002, il y parade aux côtés de Bill Clinton lors du mariage princier de Moulay Rachid à Rabat, décrochant un sésame auprès du palais. Taïeb Fassi Fihri, ex-ministre et éminence grise de Mohammed VI, joue les facilitateurs pour des séjours à Marrakech, théâtre de « soirées privées » peuplées de mineures locales. Jack Lang, pilier culturel pro-Makhzen, lui glisse en 2015 une offre en or : un riad offshore à 5,4 millions d’euros, plan anti-extradition parfait vers les USA. Daniel Siad, rabatteur suédois algéro-marocain, y mitraille des profils féminins pour le réseau. Marrakech devient hub financier via des fondations liées à l’IMA, ouvrant des portes à la normalisation Israël-Maroc dès 2020.
L’Algérie, relais logistiques discrets
Moins centrale, l’Algérie surgit via des Skype de 2010-2012 vantant des « jeunes Algériennes » aux visas fluides, prêtes pour l’Europe ou les Amériques. Pas de sommités nommées, mais des relents de cercles pétroliers post-Bouteflika et d’immigration clandestine. Alger joue les transit-points vers le Maroc ou la Libye, dans un terreau de corruption fertile. Loin des Accords d’Abraham – Alger campe sur son hostilité à Israël –, Epstein y flaire des coups énergétiques, vite abandonnés.
La Tunisie, nœuds secondaires post-Printemps
Post-2011, la Tunisie frôle le réseau via des notables de Sfax ou diplomates ex-Ben Ali, cités pour « faveurs logistiques » : voyages, planques discrètes. Une famille influente de Sfax trempe dans le recrutement, sans scandale majeur prouvé. Tunis sert de plaque tournante vers la Libye ou l’Égypte, profitant du chaos révolutionnaire. Neutralité frileuse face à Israël : zéro écho aux Accords d’Abraham.
La Libye, graal des fonds gelés
Cœur du dispositif maghrébin, la Libye obsède Epstein : 80 milliards de dollars kadhafistes gelés post-2011, éparpillés à Genève, New York ou Doha. Avec ex-MI6 « David James » et agents Mossad, il ourdit un coup en 2012 : restitution aux nouveaux maîtres de Tripoli contre 5-10 % de commission, via avocats sanctions et summits à Dubaï. Promesses d’accords secrets israélo-libyens pour débloquer la manne. Ariane de Rothschild pilote le front helvétique ; à Tripoli, repérages immobiliers. Rabatteurs de Misrata et Benghazi « livrent » mineures contre protections pétrolières – un Skype 2013 en témoigne. Échec face aux clans rivaux, mais le réseau perdure : trafics méditerranéens, médiation Haftar-Émirats via la Cyrénaïque. La Libye cristallise tout : chaos post-Kadhafi, flux migratoires, pétrole, et canaux pré-Abraham liant Tel-Aviv au Golfe via Tripoli.
Le Maghreb, miroir des ambitions occultes
Rabat comme refuge chic, Tripoli comme trésor convoité, Alger et Tunis en appendices : Epstein y fusionne vice et géostratégie. Ces ramifications, vives jusqu’à 2019, irriguent encore les normalisations arabo-israéliennes. Un scandale qui interroge : qui protégeait qui, à l’ombre des palaces et des palaces royaux ?
Par Caitlin Johnstone via Marie-Claire Tellier
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