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Rima Hassan guillotinée par des journalistes drogués à la propagande

Pendant un temps, seul à bord de mon petit pédalo perdu dans une mer d’encre, j’ai tenté de convaincre la défunte profession de journaliste que leur nouvelle mode, celle de mettre dans un même panier la Justice et la Police -pour faire naître un monstrueux service commun « Police-Justice »- était un mauvais signe.

Par Jacques-Marie Bourget

Marier une déesse aveugle avec des lanceurs de LBD, chargés d’arracher les yeux, n’était pas une bonne idée. Mais c’est ainsi. Les arpenteurs de palais de justice et les autres confrères, qui usent leurs rangers dans les commissariats, portent donc le même maillot. Celui d’une équipe qui vous tricote une vérité unique sortie d’un même tuyau. Ainsi, au ciel, les juges Renaud et Pierre Michel peuvent danser la lambada avec Maurice Papon. Ce qui colle à l’air du temps.

Cet accouplement du rhinocéros et de Thémis vient de nous servir, bien frais, un scandale exemplaire, une accusation unanime. Ne voilà-t-il pas que les tandémistes, à la fois justes et policiers, ont accusé la députée européenne Rima Hassan de se droguer. Pour la dix-neuvième fois, mais toujours vierge de toute condamnation, elle est convoquée dans un commissariat pour y répondre « d’apologie du terrorisme ». On imagine immédiatement qu’ayant fait les louanges de Netanyahou, gibier de potence de la Cour Pénale Internationale, elle doit rendre des comptes à l’humanité. Mais je me trompe de fiche. C’est pour avoir repris une réplique de Kozo Okamoto, un membre de l’Armée Rouge japonaise que la députée doit être guillotinée.
La routine. Un conseil à vous autres, faites attention à ne jamais entonner une strophe de Robespierre, selon les règles de la nouvelle « Police-Justice » vous pourriez connaitre les quatre murs du ballon.

Donc Rima Hassan est en « garde à vue ». Et l’on comprend que les hommes de police ont envie de garder une femme aussi séduisante sous leurs yeux. Ces chasseurs d’apologie fouillent son sac pour y découvrir deux sachets de CBD, une forme de cannabis châtré et en vente libre comme médicament. Donc rien d’illégal et les exégètes de Kozo Okamoto n’ont plus qu’un seul boulot : jauger le poids des mots. Le commissariat se fait Académie, Sansal en moins.

C’est à l’extérieur qu’un missile médiatique explose lâchant des débris dans toutes les rédactions : « Le sac de Rima Hassan ne contenait pas seulement du CDB mais aussi une drogue de synthèse, la « 3-MMC ». Plutôt expert en vins de Savennières, j’ignore tout du « 3-MMC » et ne souhaite pas tester cette chose qui porte un nom de vaccin. Les usagers trouvent ça bien. Pas Rima Hassan puisqu’elle n’en consomme que dans la bouche ou sous la plume de journalistes drogués à la propagande, ce qui est peu attrayant. A ce point la presse en fait plus que pour un Macron ou un Philippe en campagne. On abat des arbres et fait du papier pour imprimer ces conneries. On dépense de l’électricité pour abreuver yeux et oreilles d’un peuple plus curieux du contenue du sac de Rima Hassan que des dix millions de concitoyens crevant sous le seuil de la pauvreté. L’Antiquité nous a enseigné les Nombre d’Or, et nous les tenons, Hassan est Palestinienne, LFI, droguée (ce qui fait pléonasme avec LFI), la « Police-Justice » vient de gagner au loto. Et puis voilà que la bombe n’explose plus mais implose : tout est bidon, Hassan n’avait aucune drogue consommable dans son sac. Quel coup dur pour la propagande. Nous étions chez Netflix et nous voilà dans un confessionnal. Là où aurait dû se précipiter tout « journaliste » coupable de cette malfaisance.

Je reviens à ce concept de « Police-Justice », c’est lui aussi le coupable. Dans le temps passé, celui d’une presse faite avec des mains et des cerveaux, le chargé de la Justice serait venu démentir les bobards du confrère de la police, ou l’inverse. Jadis les « accrédités » police avaient leur bureau de presse au 36 Quai des Orfèvres, et ceux de la Justice travaillaient au Palais, et ils ne s’aimaient guère. Aujourd’hui, alors que dans les rédactions ne manquent que la construction de cellules de garde à vue, c’est la course « pin-pon-pin-pon » à celui qui sortira le premier un mensonge plus gros que le Ritz. L’important étant que l’invention plaise à l’éditeur de presse, alimente « les plateaux » et coule dans le sens de ce Rassemblement National, paradis où par transhumance nous serons bientôt tous heureux de vivre ensemble.

J’ai assisté à la conférence de presse donnée par Rima Hassan et son avocat Vincent Brengarth. Et j’ai eu honte. Ce n’était pas quarante journalistes qui étaient là -à part quelques égarés-méprisés de la presse des « réseaux sociaux » -. Non mais un groupe de chiens agissant en meute pour répéter des mensonges au rythme des moulins à prière qui tournent à Lhassa. De nouveau Riam Hassan n’était plus libre mais en garde à vue de presse, qui n’est pas plus douce. Un certain Paul Larrouturou, qui a un problème aigu très visible, son corps n’est pas assez grand pour contenir sa suffisance, était chef de meute. Un moment j’ai cru qu’il allait menotter Hassan. Puis quand une jeune reporter qui passe beaucoup de temps en Palestine occupée, tente de le faire baisser de quelques tons, le ravi lui lance « T’es qui toi ! ».
Journalistes depuis 62 ans je n’ai jamais été témoin d’une conférence aussi haineuse.
Cette haine a une origine : nous sommes passés d’une presse, très imparfaite mais qui tentait de produire de l’information, à des fabricants de bandeaux pour les télés Nescafé, celles qui sont si instantanées qu’elles vont plus vite que la vérité.

Faut-il que je vous précise que derrière ces « journalistes », en tout cas les plus dociles d’entre eux, il y a les marionnettistes du monde politique de droite et d’extrême droite, et les propriétaires et chefs de leur entreprises de presse (je ne peux utiliser le mot journal). En ce moment la mission de tous ces soldats (perdus) de presse est d’assassiner LFI. Rima Hassan droguée était donc un cadeau du diable.

Ce cadeau a, en premier, été offert à un colossal et immense reporter, Jean-Michel Décugis, assisté d’un larron nommé Denis Courtine (lui ferait bien de demander sa mutation à la rubrique turf). Ce sont ces deux investigateurs qui, dans « Le Parisien » de Bernard Arnault, ont lancé le missile anti Hassan-LFI. Pour un garçon aussi chevronné que Décugis, une telle bavure est étonnante. Puisque c’est un homme connu pour sa rigueur. Dans l’un de ses livres n’a-t-il pas fait couler la Loire à Angers.

C’est dire si c’est un homme de pouvoir n’écrivant pas n’importe quoi.

PS. Il est vivement conseillé le lire sur le sujet la magnifique et salutaire enquête de l’association ACRIMED, Action Critique des Médias :
https://www.acrimed.org/Rima-Hassan-et-la-drogue-fiasco-mediatique
Par Jacques-Marie Bourget

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