L’Algérie s’impose comme locomotive de la stabilité régionale
Les clés de l’échiquier sahélien
Le rôle actif de l’Algérie dans la stabilité régionale ne cesse d’être relevé, mis en valeur, commenté et cité en exemple dans de nombreuses occasions et rendez-vous officiels aussi bien bilatéraux que multilatéraux. (Revue de presse)
Mokrane Aït Ouarabi
Les récentes visites du président du Niger et du chef d’État du Tchad en Algérie ont confirmé ce rôle stabilisateur du pays en Afrique du Nord mais aussi dans le Sahel central, profondément affecté par la résurgence du terrorisme, l’accentuation des trafics transnationaux et du crime organisé, la porosité des frontières et la fragilité institutionnelle. Ainsi donc, dans cette sous-région travaillée par les fractures sécuritaires, les convulsions politiques et les recompositions d’influence, l’Algérie s’impose, avec rigueur et constance, comme une puissance d’équilibre et un acteur incontournable dans le maintien de la stabilité régionale.
Dans cet environnement instable, elle fait en effet figure de repère, grâce à sa doctrine fondée sur le refus de l’ingérence, la primauté des solutions politiques, la médiation, le dialogue inclusif et la coopération sécuritaire. Le chef de l’État nigérien, le général d’Armée Abdourahamane Tiani, a d’ailleurs salué l’attitude des hautes autorités algériennes après les événements du 26 juillet 2023, lesquelles ont fait preuve de solidarité envers le peuple nigérien, malgré « les tentatives vaines de certaines puissances à relents néocolonialistes et d’organisations internationales et sous-régionales télécommandées et manipulées ». « Votre position vous honore, surtout lorsque l’on sait que certains pays africains, du moins leurs dirigeants manipulés, ont raté le rendez-vous de l’histoire en répondant aux injonctions françaises de porter la guerre contre le peuple nigérien », a-t-il déclaré à la presse lors de sa visite en Algérie en février 2026.
De son côté, le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a affirmé lors de sa visite du 22 au 24 avril courant que l’Algérie et le Tchad, qui « ont posé les fondements d’une coopération Sud-Sud exemplaire », représentent « le moteur d’un espace sahélo-saharien stable, intégré et prospère ». Son ministre des Affaires étrangères, le Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, a également affirmé lors de la même visite que « le Tchad demeure convaincu que l’Algérie, par son expérience, ses capacités industrielles et son engagement africain, constitue un partenaire de premier plan pour accompagner ses efforts de développement mais aussi de l’ensemble de la région sahélo-saharienne ».
La reconnaissance du rôle de l’Algérie et de son importance en tant que partenaire ne se limite pas aux pays de la région.
Elle vient également de grandes puissances comme les Etats-Unis d’Amérique. En effet, lors d’une visite qu’il a effectuée en janvier dernier en Algérie, le haut conseiller du président américain pour l’Afrique, les affaires arabes et le Moyen-Orient, Massad Boulos a souligné l’engagement de son pays à bâtir avec l’Algérie « un avenir plus pacifique et plus prospère pour la région ».
Il a insisté sur le renforcement de la coopération bilatérale « en matière de promotion de la paix et de traitement des préoccupations sécuritaires régionales ». Un mois plus tard, en février 2026, le chef du Bureau des affaires du Proche-Orient au Département d’État américain, Robert Palladino, a souligné depuis Washington l’expertise de l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme.
Cette déclaration a été faite lors d’une séance d’échange et d’audition devant la commission des affaires étrangères du Sénat, consacrée aux enjeux sécuritaires en Afrique du Nord et dans la région du Sahel. M. Palladino a mis en avant, dans ses réponses, « le rôle de l’Algérie dans la stabilité régionale, son expertise dans la lutte contre le terrorisme, ainsi que l’efficacité de son action fondée sur une solide expérience de terrain ».
Il a également rappelé, devant les sénateurs, que la reconnaissance par les dirigeants africains des succès de l’Algérie dans ce domaine se traduit par la désignation du chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, comme champion de l’Union africaine pour la prévention et la lutte contre le terrorisme. Ainsi, sans emphase ni posture, mais avec une régularité méthodique, l’Algérie consolide son statut d’État pivot, à la croisée des dynamiques sahélo-sahariennes et méditerranéennes et s’affirme comme un phare de stabilité, multipliant les actions en direction de la sous-région mais aussi des pays de l’Afrique du Nord. Cette posture s’inscrit dans une tradition diplomatique forgée au fil des décennies, où la stabilité régionale est conçue comme un bien commun indissociable de la sécurité nationale.
L’Algérie, qui ne s’érige pas en donneuse de leçons, propose des cadres de concertation et œuvre à rapprocher des positions souvent irréconciliables. Sur le terrain, cette stratégie se traduit par une intensification des mécanismes de coordination sécuritaire avec les pays voisins, un partage de renseignement accru et un engagement constant en faveur du développement des zones frontalières.
Car pour l’Algérie, la sécurité ne se réduit pas à l’approche exclusivement militaire mais elle se pense aussi en termes de développement, d’inclusion et de résilience économique. Plusieurs actions et projets socio-économiques ont été lancés par l’Algérie dans les pays de la sous-région pour améliorer les conditions de vie des populations.
Parmi ces projets, on peut citer la construction d’un centre de dialyse à Tchirozérine, la rénovation du lycée professionnel d’amitié algéro-nigérienne à Zinder, la création d’un institut de formation islamique et d’une polyclinique à Agadez ainsi que la mise en place d’un centre national de ressources pédagogiques et techniques à Niamey.
Des projets qui sont financés par l’Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (AICA), créée par le président Abdelmadjid Tebboune en février 2020 pour renforcer la coopération africaine, notamment au Sahel, par des projets humanitaires, de développement économique et de formation.
« C’est par ces projets structurants et de fraternité entre les peuples que nous réussirons, en toute sincérité, à construire, par des relations concrètes, des réalisations visibles et dans la durée, des passerelles et des liens indestructibles qui résisteront aux contingences et autres soubresauts de la vie politique et des relations internationales », a affirmé le président nigérien.
L’Algérie a également lancé la construction de cinq zones franches avec des pays voisins, comme la Mauritanie, le Niger la Tunisie et la Libye. D’autres projets de dimension régionale et continentale sont également en cours de réalisation ou en voie de finalisation à l’instar de l’autoroute transsaharienne, de la route Tindouf-Zouérate reliant l’Algérie à la Mauritanie, de la ligne ferroviaire Alger-Tunis, de la dorsale de la fibre optique, du gazoduc transsaharien TSGP reliant le Nigeria à l’Algérie, via le Niger, de la ligne ferroviaire Nord-Sud ainsi que celle déjà réceptionnée, reliant la wilaya d’Oran à Tindouf via Béchar. L’Algérie met également son expérience et son expertise dans divers domaines, allant de la lutte contre le terrorisme à la production énergétique, à la disposition de ses partenaires africains.
Aussi, à l’heure où les influences extérieures se multiplient dans le Sahel, souvent au gré d’intérêts concurrents étroits, l’Algérie défend la souveraineté des Etats face aux enjeux régionaux et plaide inlassablement pour des solutions africaines aux crises africaines. Cela tout en assumant un rôle de passerelle stratégique entre l’Afrique et l’Europe, et ce, grâce à une diplomatie agile, capable d’anticiper les mutations rapides du Sahel, mais aussi de renforcer les partenariats économiques et énergétiques, qui sont des leviers indispensables d’une stabilité durable.
Ainsi, face aux vents contraires qui balayent la région, l’Algérie demeure un repère immuable pour les pays de la région et un acteur majeur dans le renforcement de la souveraineté et de l’intégration économique africaine ainsi que de la sécurité collective.
Mokrane Aït Ouarabi
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